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Un parcours de montagnes russes


Temps de lecture: 4 minutes

Bonjour à tou·te·s. Je m’appelle Tommy*. Le temps est venu pour moi d’écrire mon parcours. 

Mes parents se sont séparés quand j’étais petit. J’ai un petit frère avec qui j’ai toujours eu une très grande complicité. Alors, mon rôle de grand frère a été encore plus important. 

Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été attiré par la danse classique. J’ai essayé plusieurs sports, surtout pour faire plaisir à mon père. Mais la danse classique revenait toujours en force. J’en avais déjà parlé à mes parents mais je n’ai pas eu l’accord de mon père pour en faire. 

Quand mes parents se sont séparés, ma mère m’a inscrit à un cours de danse (contre l’accord de mon père). Et là, c’était juste magnifique. J’ai vraiment pris du plaisir, les cours passaient à une vitesse incroyable ! À chaque fois, j’étais pressé d’y retourner. Pendant de longues années, mon père n’a pas voulu en entendre parler. Avec beaucoup de douceur, l’appui de ma mère et de mon petit frère, mon père a fini par changer d’opinion. On en discute, il me pose des questions. Maintenant, il voit la danse comme un vrai sport. Car oui, il faut quand même être en pleine forme et athlétique. 

Concernant ma vie scolaire, c’était aussi un parcours du combattant. Comme je fais toujours de la danse à un haut niveau, je suis dans un cursus d’horaires aménagés. J’ai dû changer d’établissement à cause du climat homophobe de la classe. Pendant mon année de Seconde, j’étais dans une classe principalement de garçons. J’ai subi tous les jours des remarques, des réflexions parce que je faisais de la danse, donc, j’étais forcément gay. Bref, plus les mois passaient, plus je me sentais seul. Je n’avais que très peu d’amis dans cette classe. Ma prof de français a bien vu que je n’étais pas bien, que je me renfermais sur moi-même.

Elle m’a beaucoup aidé. Elle était à l’écoute. Elle a même organisé en classe des exercices oraux sur l’homosexualité. Elle était vraiment un pilier pour moi. Un jour, à la fin de ses cours, elle m’a demandé de rester. Pour la première fois, j’ai pu discuter sans avoir peur qu’on me juge, qu’on me critique. C’était la première fois que je parlais à cœur ouvert. 

J’ai donc changé d’établissement pour ma Première. J’appréhendais beaucoup cette rentrée car c’était un nouvel établissement et que j’arrivais dans une classe où tout le monde se connaissait déjà. J’ai été très bien accueilli. Je me suis fait très vite deux amis qui sont dans ma classe, et je me sens bien. Pour une fois, je suis allé au lycée avec le sourire et sans avoir une grosse boule dans l’estomac. 

J’ai eu aussi un parcours difficile en amour. Je dirais que j’ai toujours été attiré par les hommes.  Je sais, vous allez dire encore un “gay qui fait de la danse”. Détrompez-vous, il y a aussi des hétéros qui font de la danse comme des gays qui pratiquent du rugby… Au Conservatoire, j’ai eu une attirance pour Fabien*. Il est dans une section différente car il est un peu plus âgé. Pourquoi j’ai craqué pour Fabien et pas quelqu’un d’autre ? Je n’en sais rien. Plus on faisait connaissance, plus je le trouvais craquant, attachant… On passait beaucoup de temps ensemble, que ce soit au Conservatoire ou à l’extérieur. Malheureusement, il était en couple avec une fille. Je voulais l’avoir pour moi, et moi seul. Quand je le savais avec sa copine, je ruminais tout seul dans ma chambre. Même si nos moments à nous étaient cools. Il prenait plaisir aussi à partager du temps avec moi. 

Et un jour, je me suis blessé à la danse. Je suis parti en urgence avec les pompiers pour passer des examens. Résultat : entorse. Quand je suis sorti, Fabien m’attendait. Il s’inquiétait et je commençais vraiment à me poser des questions. En fait, Fabien est bi et il m’a avoué que je comptais énormément pour lui. 

Je n’ai pas pu reprendre la danse tout de suite. Il fallait que je repose mon ligament et que je fasse une grosse section de kiné pour pouvoir danser. Tous les jours, Fabien venait me voir. On a ainsi commencé à passer beaucoup de temps ensemble. Aujourd’hui, nous sommes en couple.

J’ai d’abord fait mon coming out à ma mère. C’était plus facile pour moi de lui en parler en premier. Je lui ai parlé de Fabien, je lui ai dit que j’avais beaucoup de sentiments pour lui. Sa réponse a été que si j’étais heureux comme ça, c’était le principal, que j’aime faire de la danse ou du foot, que j’aime un garçon ou une fille.

J’ai fait mon coming out à mon père un peu plus tard. Et à  ma plus grande surprise, cela s’est aussi très bien passé. Il a fait les mêmes remarques que ma mère. Maintenant, Fabien est le bienvenu à la maison que ce soit chez ma mère ou mon père.

Pour résumer, une histoire qui se finit plutôt bien après toutes ces crises. Soyez fort·e·s, croyez en vous-même et si je suis arrivé là, si j’ai su surmonter ces obstacles, je suis sûr que vous pouvez le faire pour que vous soyez heureux·ses quel que soit le chemin. 

Pour témoigner sur le site de C'est comme ça,
vous pouvez écrire à l'adresse cestcommeca@sos-homophobie.org
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