Romans ados

À-pic

Frank Secka


Editions Thierry Magnier, 2002

Temps de lecture: 2 minutes
À pic - photo

Dès les premières lignes, Jean, le narrateur d’À-pic, plante le décor :

C’était il y a longtemps… En 1977. À cette époque, une professeur d’anglais du lycée de mon frère réunissait chaque année une cinquantaine d’adolescents pendant les vacances de Pâques ; avec l’accord de leurs parents […], elle les emmenait skier à Thal dans les Alpes suisses. Mon frère faisait partie de ce groupe pour la troisième année consécutive et, quoique je sois de cinq ans son cadet, je m’étais chaque fois plaint de ne pas partir avec lui.

Âgé d’une douzaine d’années à l’époque, Jean est pour la première fois du voyage cette année-là. Il part, encore un peu petit garçon, pour ce qui va être une expérience initiatique. Très conscient de lui-même et des codes de popularité, c’est néanmoins par une succession de bêtises qu’il retient l’attention du groupe : il chute à ski, s’égare dans la ville d’à côté, frôle l’accident lors d’une soirée d’ivresse… Il sympathise plutôt avec les filles, mais est surtout fasciné par Samuel, un garçon légèrement plus âgé que lui. Quand ce dernier commence à lui manifester de l’intérêt, Jean se découvre des sentiments toujours plus forts.

Écrit dans une langue alerte et délurée, À-pic est une très grande réussite dans sa façon de montrer la découverte des sens et le désir d’un garçon… pour un autre garçon. Ultra rythmée et très orale au début, la langue devient plus lente et poétique à mesure que le roman s’approche de son terme, épousant l’humeur changeante du personnage. Et malgré la jeunesse de Jean, il n’y a pas d’âge pour s’identifier à l’expérience qu’il traverse.